Des joies de l'automobile


Chers lecteurs, 

l’Autorité Familiale a changé de voiture. La première interrogation qui m’est venue à l’esprit, avant la marque, le modèle, la couleur (je n’y connais rien en automobile, je suis une fille) a été de savoir si l’auto en question disposait d’une prise USB. J’avais découvert ça dans la voiture de location irlandaise, celle qu’Agnès a encastré dans une camarade qui entravait notre chemin. Bref, j’ai trouvé ça formidable. La prise USB, pas la tôle froissée.

Oui, a donc répondu l’Autorité Familiale pour ma plus grande joie, mais quelque peu déroutée par la question. C’est pour brancher mon iPod, j’ai précisé gaiement. Et là, j’ai vu l’Autorité Familiale blêmir. J’ai bien sentie qu’elle hésitait entre me confisquer tous les appareils potentiellement connectables à une prise USB comme à une adolescente en pleine crise et ne pas m’emmener en vacances (les crêpes au caramel, le Kouign-amann et le Chouchen, je vous en ai déjà parlé) comme si j’avais raté mon baccalauréat.

Du coup, j’ai menti été diplomate. J’ai proposé qu’on choisisse les chansons chacun notre tour et qu’on bannisse Michel Sardou puisque Les Lacs du Connerama n’est écoutable qu’en Irlande (indice dans le titre) sous la pluie et en compagnie de moutons peints (je vous présenterais bien une preuve en vidéo, mais j’ai peur de perdre toute crédibilité). Je ne sais pas si vous saisissez l’astuce. En tout cas, L’Autorité Familiale, elle, n’a rien vu venir et a dit Banco ! (en vrai, elle n’a pas dit Banco !, néanmoins je trouve cette expression trop peu usitée, voilà pourquoi je l’insère ici) mais à tous les coups je gagne puisque c’est moi qui mets la musique dans l’iPod !

Je sens que je vais passer de très bonnes vacances à bord de cette nouvelle automobile.
Et, elle est grise. Au cas où vous seriez curieux des considérations matérielles. 

De la médecine


Chers lecteurs,

je vais peut-être mourir. Ne vous inquiétez pas trop tout de même, je suis coriace j’en rajoute pour les besoins de la narration. Lundi prochain, je me fais opérer. Je n’ai pas vraiment l’habitude de passer sur le billard, même si j’apprécie particulièrement cette expression, si tant est que l’on s’habitue à ce genre de choses. Les temps sont durs pour la médecine, vous savez. Urgences et Docteur House sont terminées depuis longtemps et Patrick Dempsey (mon correcteur d’orthographe connaît Patrick Dempsey, c’est fou !) s’est fait éjecté de Grey’s Anatomy (m’en fiche un peu, j’ai toujours préféré Mark Sloane, mais plus personne ne dira « it’s a beautiful day to save lives » et ça, c’est triste).

Au début, je ne me suis pas méfiée. Mon chirurgien ressemble à l’un de mes profs de fac, celui qui dispensait le séminaire sur la correspondance de Flaubert, le meilleur semestre de toute l’histoire des semestres. Le père et le frère de Gustave ayant été médecins, j’ai pris ça comme un signe tout à fait favorable.

Je crois que le rendez-vous avec l’anesthésiste a été le moment le plus flippant de toute ma life, comme disent les jeunes. En général, j’évite soigneusement les moments flippants dans la vraie vie. D’aucuns diront que j’évite la vie, c’est parfaitement exact, je préfère de loin les madeleines. Bref, me voilà chez l’anesthésiste. J’ai tout de suite remarqué qu’il ressemblait, quant à lui, à Reda Kateb et comme il a joué dans Hippocrate, j’étais rassurée. C’est après que ça s’est corsé, lorsqu’il m’a posé tout un tas de questions sur mon passé médical. Je me sentais comme un suspect dans Les Experts, sauf que l’anesthésiste n’a pas mis ses lunettes de soleil sur une chanson des Who (big up, Horacio Caine, police de Miami). Avez-vous des allergies connues ? Non, mais j’ai peut-être des allergies cachées, qui sait ? De l’asthme ? Pas jusqu’à aujourd’hui, mais la semaine dernière il y a eu un pic de pollution donc qui sait ? Des enfants ? Qui sait ? Bref, en trois questions le type te fait douter de toute ton existence.

Quand il a dit, pour la prise de sang, c'est à gauche au bout du couloir, j'ai cru que j'allais défaillir. 

C’est à ce moment-là que vous prenez peur, que vous vous dites, doux Jésus, elle va se faire opérer à coeur ouvert. Et moi, je vous dis, hilare (enfin pas trop quand même, on ne sait jamais et puis j’ai signé un « formulaire de consentement éclairé à une intervention chirurgicale » et finalement, je me demande s’il était vraiment éclairé, mon consentement) que non non pas du tout, je me fais retirer un grain de beauté.

Tout ça pour ça.
A la prochaine. Peut-être.

Les pièges du langage de l'Internet


Chers lecteurs,

vous savez comme j’aime les joyeusetés du langage des ordinateurs. Je vous en ai déjà fait part ici ou là. Mon expression favorite étant « je fais un mail à untel (va savoir pourquoi, les gens n’écrivent plus les mails, ils les fabriquent) et je te mets en copie ». Ceci hurlé à travers l’open space. J’aime beaucoup le travail deux point zéro. 

Bref, l’autre jour, cet énergumène venu de l’Enfer (l’Internet, donc) a voulu me piéger. Me prenant par les sentiments, PriceMinister m’a proposé d’acheter Benjamin Biolay. La preuve en image :


Je ne vous raconte pas l’euphorie. Passée cette première réaction, j’ai réfléchi deux secondes avant de cliquer. Il faut toujours réfléchir avant de cliquer. Je vous l’accorde c’est fatigant, mais généralement ça vaut le coup. Ça évite, par exemple, de se retrouver avec deux places pour un spectacle à Paris un jour où on sera en train d’engloutir crêpes au caramel, Kouign-amann et Chouchen à Quimper. Je vous raconterai ça, prochainement. 

Une fois n’est pas coutume, donc, je réfléchis avant de cliquer. C’est « pas cher ou d’occasion » qui m’a mis la puce à l’oreille. Est-ce que si j’achète un Benjamin Biolay « pas cher », je me retrouve avec Florent Pagny ? Ou si j’en prends un d’occasion, on me refile Bénabar (pardon Bruno, mais parfois dans la vie il faut savoir choisir son camp. J’aime bien les drames engagés sur la police de Saint-Tropez et les maisons avec quatre murs et un toit, mais je préfère les étés sur la côte, les confettis et les Merco Benz) ?

Autant vous dire que j’étais bien ennuyée. Néanmoins, vous vous doutez de la suite, la curiosité étant un vilain un défaut, j’ai cliqué tout de même. Et là, quelle ne fut pas ma déception. Point de chanteur douteux au rabais (ni de chanteur hors de prix d’ailleurs), seulement l’exhortation à acquérir à un prix fort compétitif un double disque compact. Peut-être est-ce dû à la photo peu flatteuse, mais l’objet m’a paru plus plat et moins chevelu que l’original.

J’ai comme l’impression que ce qui semblait une belle promesse s’est avérée être une grosse arnaque. Je me félicite d’avoir été plus que perspicace dans cette affaire, mais je voulais la partager avec vous, chers lecteurs, pour vous prévenir que les escroqueries pullulent sur l’Internet et que personne n’est à l’abri. 

Sur ces paroles pleines de bon sens, je vous laisse. La prochaine fois, nous évoquerons un sujet plus sérieux : l’art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation. Nan, je déconne. Allez lire Perec, aujourd’hui c’est la Journée Mondiale du livre et des droits d’auteur, ça ne rigole pas à l’UNESCO.


L'épopée du Elle


Chers lecteurs, 

il faut que je vous raconte comment je me suis retrouvée à lire la presse féminine empruntée à la bibliothèque.

Le 9 janvier 2015, est sorti, une fois n’est pas coutume, un numéro du magazine Elle publiant une interview qui m’intéressait. Là, je suis en train d’essayer de vous convaincre que j’avais un bon prétexte pour vouloir lire ce magazine alors qu’en fait je ne veux pas vous en avouer la véritable raison. C’est un peu compliqué.  

Bref, ce qu’il faut retenir c’est que le samedi 17 janvier 2015 je m’aperçois que ma survie dans ce monde de brutes dépend du numéro du Elle de la semaine précédente. Ni une ni deux, je fonce à la bibliothèque, comme chaque fois que j’ai un problème. Néanmoins, il y avait tous les numéros et notamment de celui du 29 février 2013, sauf celui que je convoitais tant.

Avec toute la persévérance qui me caractérise, je me suis rendue à la bibliothèque tous les samedis. Ce qui ne différait pas tellement de d’habitude, finalement (ma vie est extrêmement palpitante). Je suis donc revenue bredouille 11 fois (opiniâtre, c’est mon deuxième prénom).

Le mardi 31 mars, j’avais un entretien d’embauche et comme j’étais un peu en avance (au rendez-vous de nos promesses) j’ai fait un saut, non pas à l’élastique j’ai le vertige sachez-le, mais à la bibliothèque. Je ne sais pas pourquoi, je le sentais bien ce jour-là. J’ai ouvert précautionneusement le casier et soulevé les numéros un par un en regardant la date. Il était là, mon Saint Graal.

A ce moment-là, j’ai béni l’installation des automates à la bibliothèque. J’ai énormément râlé (comme toujours) quand les êtres de chair et de sang ont été remplacés par du plastique qui parle, soit disant pour que ces mêmes êtres de chair et de sang puissent consacrer plus de temps au conseil des lecteurs. Je veux bien, mais moi je ne suis pas du genre à demander conseil. La seule fois où j’ai osé poser une question, on m’a répondu que non je ne pouvais pas emprunter Le Traité de ponctuation française, mais seulement le consulter sur place. Du coup, je n’ai pas eu l’audace de demander à la dame si je pouvais emménager deux ou trois jours dans la bibliothèque afin d’en lire les quatre cent quatre vingt dix pages sur place. J’ai ravalé ma fierté, je suis rentrée chez moi et j’ai commandé l’ouvrage sur Amazon.fr (pardon).

J’étais donc bien contente ce mardi 31 mars de ne pas avoir à m’afficher devant un être de chair et de sang (le plastique parle, mais ne juge pas) (du moins, pas encore) avec mon numéro du magazine Elle sous le bras. C’est que bon, j’ai une réputation à tenir tout de même, je ne voudrais pas passer pour une lectrice de presse féminine alors que je ne suis qu’une groupie écervelée.

2013 n’était pas bissextile, c’était pour voir si vous suiviez.