"J'ai jamais vu la mer"


Je viens de voir Le Tout Nouveau Testament.
Ce film occupe désormais et sans contestation possible la dix-huitième place de mes films préférés de l’univers.

Vive le cinéma belge ! 
Poelvoorde président ! 
Damiens premier ministre ! 
Moreau ministre des sports !
Et Catherine, reine de France, bien sûr !

Sans transition. La prochaine fois, nous parlerons du bonheur de ne pas être concernée par la rentrée des classes.


I'm feeling blue


« I was the Walrus, but now I’m John.
And so, dear friends, you’ll just have to carry on.
The dream is over »

Je viens de terminer John Lennon, une vie de Philip Norman.
Il meurt à la fin. Je ne sais pas encore si je vais je vais m'en remettre.

Quand j’aurais repris mes esprits, je vous raconterai ma semaine de séminaire avec le nouveau travail.

Incohérence du calendrier


Comment est-il possible que les vacances soient déjà terminées alors que mes jambes sont encore pleines de boutons de moustiques ?

Je me sens en complet décalage.

(On the road) again


Des joies de l'automobile


Chers lecteurs, 

l’Autorité Familiale a changé de voiture. La première interrogation qui m’est venue à l’esprit, avant la marque, le modèle, la couleur (je n’y connais rien en automobile, je suis une fille) a été de savoir si l’auto en question disposait d’une prise USB. J’avais découvert ça dans la voiture de location irlandaise, celle qu’Agnès a encastré dans une camarade qui entravait notre chemin. Bref, j’ai trouvé ça formidable. La prise USB, pas la tôle froissée.

Oui, a donc répondu l’Autorité Familiale pour ma plus grande joie, mais quelque peu déroutée par la question. C’est pour brancher mon iPod, j’ai précisé gaiement. Et là, j’ai vu l’Autorité Familiale blêmir. J’ai bien sentie qu’elle hésitait entre me confisquer tous les appareils potentiellement connectables à une prise USB comme à une adolescente en pleine crise et ne pas m’emmener en vacances (les crêpes au caramel, le Kouign-amann et le Chouchen, je vous en ai déjà parlé) comme si j’avais raté mon baccalauréat.

Du coup, j’ai menti été diplomate. J’ai proposé qu’on choisisse les chansons chacun notre tour et qu’on bannisse Michel Sardou puisque Les Lacs du Connerama n’est écoutable qu’en Irlande (indice dans le titre) sous la pluie et en compagnie de moutons peints (je vous présenterais bien une preuve en vidéo, mais j’ai peur de perdre toute crédibilité). Je ne sais pas si vous saisissez l’astuce. En tout cas, L’Autorité Familiale, elle, n’a rien vu venir et a dit Banco ! (en vrai, elle n’a pas dit Banco !, néanmoins je trouve cette expression trop peu usitée, voilà pourquoi je l’insère ici) mais à tous les coups je gagne puisque c’est moi qui mets la musique dans l’iPod !

Je sens que je vais passer de très bonnes vacances à bord de cette nouvelle automobile.
Et, elle est grise. Au cas où vous seriez curieux des considérations matérielles. 

De la médecine


Chers lecteurs,

je vais peut-être mourir. Ne vous inquiétez pas trop tout de même, je suis coriace j’en rajoute pour les besoins de la narration. Lundi prochain, je me fais opérer. Je n’ai pas vraiment l’habitude de passer sur le billard, même si j’apprécie particulièrement cette expression, si tant est que l’on s’habitue à ce genre de choses. Les temps sont durs pour la médecine, vous savez. Urgences et Docteur House sont terminées depuis longtemps et Patrick Dempsey (mon correcteur d’orthographe connaît Patrick Dempsey, c’est fou !) s’est fait éjecté de Grey’s Anatomy (m’en fiche un peu, j’ai toujours préféré Mark Sloane, mais plus personne ne dira « it’s a beautiful day to save lives » et ça, c’est triste).

Au début, je ne me suis pas méfiée. Mon chirurgien ressemble à l’un de mes profs de fac, celui qui dispensait le séminaire sur la correspondance de Flaubert, le meilleur semestre de toute l’histoire des semestres. Le père et le frère de Gustave ayant été médecins, j’ai pris ça comme un signe tout à fait favorable.

Je crois que le rendez-vous avec l’anesthésiste a été le moment le plus flippant de toute ma life, comme disent les jeunes. En général, j’évite soigneusement les moments flippants dans la vraie vie. D’aucuns diront que j’évite la vie, c’est parfaitement exact, je préfère de loin les madeleines. Bref, me voilà chez l’anesthésiste. J’ai tout de suite remarqué qu’il ressemblait, quant à lui, à Reda Kateb et comme il a joué dans Hippocrate, j’étais rassurée. C’est après que ça s’est corsé, lorsqu’il m’a posé tout un tas de questions sur mon passé médical. Je me sentais comme un suspect dans Les Experts, sauf que l’anesthésiste n’a pas mis ses lunettes de soleil sur une chanson des Who (big up, Horacio Caine, police de Miami). Avez-vous des allergies connues ? Non, mais j’ai peut-être des allergies cachées, qui sait ? De l’asthme ? Pas jusqu’à aujourd’hui, mais la semaine dernière il y a eu un pic de pollution donc qui sait ? Des enfants ? Qui sait ? Bref, en trois questions le type te fait douter de toute ton existence.

Quand il a dit, pour la prise de sang, c'est à gauche au bout du couloir, j'ai cru que j'allais défaillir. 

C’est à ce moment-là que vous prenez peur, que vous vous dites, doux Jésus, elle va se faire opérer à coeur ouvert. Et moi, je vous dis, hilare (enfin pas trop quand même, on ne sait jamais et puis j’ai signé un « formulaire de consentement éclairé à une intervention chirurgicale » et finalement, je me demande s’il était vraiment éclairé, mon consentement) que non non pas du tout, je me fais retirer un grain de beauté.

Tout ça pour ça.
A la prochaine. Peut-être.

Les pièges du langage de l'Internet


Chers lecteurs,

vous savez comme j’aime les joyeusetés du langage des ordinateurs. Je vous en ai déjà fait part ici ou là. Mon expression favorite étant « je fais un mail à untel (va savoir pourquoi, les gens n’écrivent plus les mails, ils les fabriquent) et je te mets en copie ». Ceci hurlé à travers l’open space. J’aime beaucoup le travail deux point zéro. 

Bref, l’autre jour, cet énergumène venu de l’Enfer (l’Internet, donc) a voulu me piéger. Me prenant par les sentiments, PriceMinister m’a proposé d’acheter Benjamin Biolay. La preuve en image :


Je ne vous raconte pas l’euphorie. Passée cette première réaction, j’ai réfléchi deux secondes avant de cliquer. Il faut toujours réfléchir avant de cliquer. Je vous l’accorde c’est fatigant, mais généralement ça vaut le coup. Ça évite, par exemple, de se retrouver avec deux places pour un spectacle à Paris un jour où on sera en train d’engloutir crêpes au caramel, Kouign-amann et Chouchen à Quimper. Je vous raconterai ça, prochainement. 

Une fois n’est pas coutume, donc, je réfléchis avant de cliquer. C’est « pas cher ou d’occasion » qui m’a mis la puce à l’oreille. Est-ce que si j’achète un Benjamin Biolay « pas cher », je me retrouve avec Florent Pagny ? Ou si j’en prends un d’occasion, on me refile Bénabar (pardon Bruno, mais parfois dans la vie il faut savoir choisir son camp. J’aime bien les drames engagés sur la police de Saint-Tropez et les maisons avec quatre murs et un toit, mais je préfère les étés sur la côte, les confettis et les Merco Benz) ?

Autant vous dire que j’étais bien ennuyée. Néanmoins, vous vous doutez de la suite, la curiosité étant un vilain un défaut, j’ai cliqué tout de même. Et là, quelle ne fut pas ma déception. Point de chanteur douteux au rabais (ni de chanteur hors de prix d’ailleurs), seulement l’exhortation à acquérir à un prix fort compétitif un double disque compact. Peut-être est-ce dû à la photo peu flatteuse, mais l’objet m’a paru plus plat et moins chevelu que l’original.

J’ai comme l’impression que ce qui semblait une belle promesse s’est avérée être une grosse arnaque. Je me félicite d’avoir été plus que perspicace dans cette affaire, mais je voulais la partager avec vous, chers lecteurs, pour vous prévenir que les escroqueries pullulent sur l’Internet et que personne n’est à l’abri. 

Sur ces paroles pleines de bon sens, je vous laisse. La prochaine fois, nous évoquerons un sujet plus sérieux : l’art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation. Nan, je déconne. Allez lire Perec, aujourd’hui c’est la Journée Mondiale du livre et des droits d’auteur, ça ne rigole pas à l’UNESCO.


L'épopée du Elle


Chers lecteurs, 

il faut que je vous raconte comment je me suis retrouvée à lire la presse féminine empruntée à la bibliothèque.

Le 9 janvier 2015, est sorti, une fois n’est pas coutume, un numéro du magazine Elle publiant une interview qui m’intéressait. Là, je suis en train d’essayer de vous convaincre que j’avais un bon prétexte pour vouloir lire ce magazine alors qu’en fait je ne veux pas vous en avouer la véritable raison. C’est un peu compliqué.  

Bref, ce qu’il faut retenir c’est que le samedi 17 janvier 2015 je m’aperçois que ma survie dans ce monde de brutes dépend du numéro du Elle de la semaine précédente. Ni une ni deux, je fonce à la bibliothèque, comme chaque fois que j’ai un problème. Néanmoins, il y avait tous les numéros et notamment de celui du 29 février 2013, sauf celui que je convoitais tant.

Avec toute la persévérance qui me caractérise, je me suis rendue à la bibliothèque tous les samedis. Ce qui ne différait pas tellement de d’habitude, finalement (ma vie est extrêmement palpitante). Je suis donc revenue bredouille 11 fois (opiniâtre, c’est mon deuxième prénom).

Le mardi 31 mars, j’avais un entretien d’embauche et comme j’étais un peu en avance (au rendez-vous de nos promesses) j’ai fait un saut, non pas à l’élastique j’ai le vertige sachez-le, mais à la bibliothèque. Je ne sais pas pourquoi, je le sentais bien ce jour-là. J’ai ouvert précautionneusement le casier et soulevé les numéros un par un en regardant la date. Il était là, mon Saint Graal.

A ce moment-là, j’ai béni l’installation des automates à la bibliothèque. J’ai énormément râlé (comme toujours) quand les êtres de chair et de sang ont été remplacés par du plastique qui parle, soit disant pour que ces mêmes êtres de chair et de sang puissent consacrer plus de temps au conseil des lecteurs. Je veux bien, mais moi je ne suis pas du genre à demander conseil. La seule fois où j’ai osé poser une question, on m’a répondu que non je ne pouvais pas emprunter Le Traité de ponctuation française, mais seulement le consulter sur place. Du coup, je n’ai pas eu l’audace de demander à la dame si je pouvais emménager deux ou trois jours dans la bibliothèque afin d’en lire les quatre cent quatre vingt dix pages sur place. J’ai ravalé ma fierté, je suis rentrée chez moi et j’ai commandé l’ouvrage sur Amazon.fr (pardon).

J’étais donc bien contente ce mardi 31 mars de ne pas avoir à m’afficher devant un être de chair et de sang (le plastique parle, mais ne juge pas) (du moins, pas encore) avec mon numéro du magazine Elle sous le bras. C’est que bon, j’ai une réputation à tenir tout de même, je ne voudrais pas passer pour une lectrice de presse féminine alors que je ne suis qu’une groupie écervelée.

2013 n’était pas bissextile, c’était pour voir si vous suiviez.

J'aime bien le travail mais je préfère les oeufs de Pâques


Chers lecteurs, 

j’ai un vrai travail !
Je sais, je vous ai déjà fait le coup, il y a six mois
Mais, cette fois-ci plus de blague et pas question de fuites de gaz à tous les étages.

Je bois le champagne avec modération et je reviens vers vous avec un article tout à fait passionnant sur la presse féminine.

J'aime bien le travail mais je préfère les livres


Chers lecteurs, 

cette semaine, il s’est passé plein de trucs que je ne peux pas vous raconter parce que j’ai la superstition mal placée.
J’attends une réponse.

Souvenez-vous de ce film d’Alain Resnais, Coeurs. Pas le meilleur, avec tout le respect que l’on doit au Monsieur. 
« Il fait quoi votre compagnon ? Il est dans l’expectative. »
J’avais beaucoup aimé ce dialogue à l’époque. Aujourd’hui, j’y suis dans l’expectative et je peux vous dire que ce n’est pas un endroit très accueillant.

Je reviendrai vers vous en milieu ou fin de semaine prochaine, si je survis jusque là. L’expectative n’est pas un lieu très bon pour la santé. C’est un peu comme si vous aviez bu l’équivalent de l’Océan Pacifique en café. Impression accentuée par le changement d’heure. Si l’on fait une nuit blanche, la nuit du changement d’heure (ne vous emballez pas c’était une insomnie angoissante et non une nuit de folie), est-ce que du coup on dort « moins une heure » ? C’est une vraie question. 


Par ailleurs, j’ai Lambé An Dro de Matmatah dans la tête depuis trois semaines. Cela commence à devenir légèrement agaçant. (litote) (clique donc sur le lien et je t’emmène boire du Chouchen à volonté)

Reprise des programmes


Chers lecteurs,

la dernière fois, par souci de politesse, je vous souhaitais la bonne année. 
Depuis, il ne s’est passé que des catastrophes.

Exceptées les sorties du nouvel album de Carl Barât, celle du nouveau livre de François Bégaudeau et cette formidable histoire de grille-pain envoyé par Vanessa Paradis à Johnny Depp en guise de cadeau de mariage. Je n’ai malheureusement aucune certitude concernant la fiabilité de cette information, l’ayant chopée sur voici.fr (tout à fait par hasard, je vous assure)(soyez indulgents, ce début d’année fut rude). Dans la mesure où l’anecdote serait véridique, cette femme ne serait pas loin d’intégrer ma liste d’amour éternel et inconditionnel (si seulement… bref).

Sans transition, en ce week-end de Salon du livre je me sens un peu nostalgique. J’avais décidé de ne pas y aller et finalement je le regrette un peu. Du coup, je me suis replongée dans mes photos des précédentes éditions. Et ma foi, je crois que j’ai raté ma vocation : paparazzi.

Je ne me souviens plus si je vous avais parlé de ma première rencontre avec un paparazzi (si c’est le cas, faites semblant d’avoir oublié je ne vous accuserai pas d’Alzeihmer). Je me baladais donc sur l’avenue, le coeur ouvert à l’inconnu exactement comme Joe Dassin, mais avenue Montaigne. Ne me demandez pas, ce que je faisais avenue Montaigne. En fait, je crois que j’avais traîné l’Autorité Parentale jusqu’au Bar des Théâtres à la sortie de la séance de Fauteuils d’orchestre. Sur le chemin du retour vers la station de Réseau Express Régional, l’Autorité Parentale avise un mec en jean (le jean c’est pour les besoins de la narration, j’avoue ne pas me souvenir du tissu dont était fait le pantalon du type. En revanche, je peux sans trop me compromettre affirmer qu’il portait un pantalon) avec un sac besace et me glisse à l’oreille « c’est un paparazzi ». Confiance aveugle ou naïveté, appelez ça comme vous voudrez, je rétorque « attendons pour savoir qui il attend » (ou quelque chose de cet acabit, je n’avais pas peur des répétitions à l’époque, je n'avais pas encore commencé mes études de lettres).

Pour cultivez le suspense et parce qu’au départ, mon sujet c’était le Salon du livre, je vous dirai la prochaine fois qui est sorti du restaurant du trottoir d’en face et s’est fait mitraillé par un paparazzi pas très discret du fait des deux personnes à côté de lui qui faisaient semblant de rien (pour notre défense, c’est difficile de faire semblant de rien à côté d’un paparazzi, je ne suis pas Catherine Deneuve).

Salon du livre, donc. Il y a deux ans, j’étais très frustrée parce que j’avais loupé Bernard Pivot (je ne sais pas compter, souvenez-vous), mais le lendemain j’avais vu Mathias Énard donc finalement c’était bien. Cette année là, j’avais mangé des petits fours et bu du champagne assisté à l’inauguration parce que je faisais partie des professionnels stagiaires de la profession. Depuis que j’ai été éjectée bien malgré moi de cette caste de nantis (oui, j’ai la défaite amère), je ne vais plus au Salon et j’achète mes bouquins d’occasion chez Gibert Joseph, la débandade quoi !

J’avais également photographié Marc Lévy, Jack Lang, Francis Huster et François Busnel entre autres et sans aucun rapport les uns avec les autres. L’année précédente, j’avais eu Alain Mabanckou qui nous avait souri et l’Autorité Parentale (toujours dans les bons coups, comme vous pouvez le remarquer) a essayé de faire croire toute la journée que c’était son pote (manque de confiance ou suspicion, appelez ça comme vous voudrez, cette fois je ne l’ai pas crue). Cette même année, j’ai assisté à l’enregistrement de Plan B. Une émission du Mouv’, dont l’arrêt me fait toujours de la peine trois ans plus tard (je suis quelqu’un de très fidèle). Tout ça, pour que Frédéric Bonnaud puisse prendre la tête de la rédaction des Inrocks et celle de Jean-Marc Lalanne (pardon, je n’ai rien contre cet homme, mais je n’aime pas trop les chemises à fleurs qu’il arbore au Cercle).

Bref, je ne sais plus très bien pourquoi je vous raconte tout ça d’autant qu’en me relisant je constate que toutes ces informations ne sont pas d’un intérêt capital ni de première fraîcheur. Néanmoins, en ce dimanche de Salon, je me comporte comme certains auteurs (n’insistez pas, je ne balancerai pas j’espère toujours pouvoir intégrer cette caste de nantis) en publiant un texte sans intérêt et pas toujours très bien écrit, même si je suis très satisfaite de certains passages, pour publier quelque chose. Big up, Amélie ! (pardon)

La bonne année à vous !


Chers lecteurs,

" Puisqu'on n'est entouré que de canailles ou d'imbéciles dans ce bas monde (il y en a qui cumulent), que ceux qui ne se croient être ni des uns ni des autres, se rejoignent et s'embrassent. C'est ce que je fais en vous envoyant à tous mille amitiés et souhaits pour cette année et les subséquentes (selon la formule). " 
Gustave Flaubert, Lettre à son oncle Parain, vers le 1er janvier 1853.

 Bonne année, quoi !

Les Aristochats, Alain Souchon et moi


Chers lecteurs, 

cette semaine, je n’ai pas le temps de vous écrire je suis overbookée. 

Je prépare mon premier déplacement professionnel (rien que d’écrire ça, j’ai de l’urticaire, on dirait bien que je suis en train de devenir adulte c’est l’horreur). Loin. À l’autre bout de la France. Vraiment. Là où il y a la mer Méditerranée et des gens avec un accent chelou (je suis raciste, je n’aime que l’accent québécois). Bref, c’est une telle dose de stress que j’en suis toute paralysée. 

Quand j’étais au chômage, j’avais hâte d’avoir un vrai travail. Maintenant, je me dis que j’étais bien mieux en stage à chanter Les Aristochats et à voler des livres. « Jamais content, carrément méchant » comme disait l’autre. Mais bon, c’est le même qui disait « tu la voyais pas comme ta vie… »

La semaine prochaine, je vous montrerai un montage photographique des décorations de Noël de tous mes voisins.
(Dans la vraie vie, je suis la fille chiante qui déteste Noël et les clémentines)

Jean Dujardin, mon psychanalyste et moi


Chers lecteurs, 

cette semaine nous allons parler cinéma (tchi tcha comme disait Canal Plus il y a 30 ans, ça ne nous rajeunit pas). Et une fois n’est pas coutume, on va faire l’article avant d’avoir vu le film.

La French, j’attends ce film depuis des mois. Et si j’en crois le regard désespéré de ma copine E. quand elle a compris, il y a environ un mois qu’il ne sortait que le 3 décembre, je ne suis pas la seule. 

Il faut que je vous avoue (mais bon, j’ai déjà fait de nombreux aveux ridicules sur ce blog, je n’ai plus peur de rien) mon amour éternel et quasiment inconditionnel pour Jean Dujardin et Gilles Lellouche (oui, les deux. Plus on est de fous, plus on rit. Hum). N’allez pas croire que je ne fais que lire Verlaine en Pléiade toute la journée dans ma tour d’ivoire, non à côté de ça je kiffe Brice de Nice. La faute à ma schizophrénie mon signe astrologique, je suis gémeaux. La double personnalité, tout ça… 

Bref, je choisis toujours les films en fonction des acteurs et/ou du réalisateur, jamais de l’histoire. C’est un principe de vie, qui pour le moment ne m’a que rarement déçu. Il est bien évident que le choix doit être bon au départ, sinon vous risquez d’importantes déconvenues. Je voulais citer des exemples, mais bon, comme tous les goûts sont dans la nature même les plus mauvais… 

Ensuite, comme je suis une spectatrice consciencieuse, généralement je regarde quelques films de l’acteur(trice) ou du réalisateur(trice) en question, avant d’aller voir le nouveau. La connaissance de l’oeuvre, tout ça… Bon, cette fois, je n’ai pas eu le temps et puis j’ai revu Les Petits Mouchoirs (ne me jugez pas, souvenez-vous, tous les goûts sont dans la nature), il n’y a pas très longtemps, ça a fait d’une pierre deux coups.

Dans La French, il y a également Guillaume Gouix que vous avez peut-être vu dans Les Revenants, mais que vous pouvez aussi voir dans l’excellent quoique confidentiel Attila Marcel de Sylvain Chomet. Bon, c’est pas le même genre, hein. Attila Marcel, c’est pour les contemplatifs, mais c’est vraiment très chouette.

Sinon, J-10 pour Gaby Baby Doll de Sophie Letourneur. Il est grand temps qu’il sorte, je connais la bande annonce par coeur : « Je vais te prouver que je t'aime, enlève ton tee-shirt et je te fais une omelette. » Best déclaration d’amour ever ! Enfin, je préviens les éventuels candidats, soyez imaginatifs, je déteste les oeufs. Si vous êtes comme moi, un(e) spectateur(trice) consciencieux(se), vous pouvez (re)voir Les Coquillettes. A ce propos, l’autre jour, j’ai lu dans les Inrocks une interview de Benjamin Biolay par Jean-Marc Lalanne (qui fait une apparition dans Les Coquillettes, la boucle est bouclée)(bien que ce ne soit pas la meilleure chose qu’il ait faite dans sa vie, Jean-Marc. Enfin j’espère pour lui). L’interview ne parle absolument pas du film, mais on y apprend que Sophie Letourneur parle de Benjamin Biolay à son psychanalyste. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre d’aller consulter. 

Mon grand âge et moi


Chers lecteurs,

mille pardons de vous avoir laisser choir la semaine dernière, j’étais bien trop occupée à écouter pousser mes cheveux en mangeant des pamplemousses. En vérité, je n’avais une fois de plus rien à dire du coup, sagement, je n’ai rien dit. Et puis, malgré tout le respect que nous devons tous à Serge Gainsbourg, je ne suis pas du genre à venir te dire que je m’en vais. Je m’en vais, et débrouilles toi avec le reste de mes affaires. Bref, je suis quand même venue te dire que je n’étais pas partie bien loin (je ne peux pas,  je n’ai pas vacances). 

Sinon, vendredi j’ai eu vingt-sept ans et demi. 
Je vous laisse faire ce que bon vous semblera de cette constatation. 


Louis Aragon, la Bastille et moi


Chers lecteurs, 

cette semaine, j’ai atteint le point de non-retour. Trois fois. 

D’abord, j’avais décidé d’intervertir lundi et mardi (vous le savez, j’ai des joies simples - et de sérieux problèmes psychologiques). Donc mon jour férié, c’était lundi. Je travaille chez moi, la plupart du temps donc ça ne gênait personne vu que mon chef faisait le pont (le patronat !). Et puis, comme ça, il y avait moins de monde à la machine à café. Bref, c’est donc mardi que les ennuis ont commencé, quand j’ai écrit « nonobstant » dans l’un de mes travaux et que ça m’a rendu anormalement joyeuse (après avoir relu cinq fois la phrase, histoire d’être certaine de l’avoir utilisé et orthographié correctement). Je vous jure, je me suis sentie investie d’une puissance infinie, genre le peuple de Paris prenant la Bastille (la prison hein, pas le métro). 

Pour fêter ça, je suis offert une demi tablette de chocolat. J’ai une carence en magnésium. 

Mercredi, j’ai du écrire « quand bien même » et j’ai ajouté, comme hypnotisée, « elle pleure des rivières » (en vrai, j’ai écrit « elle pleure des riv » et je me suis arrêtée là, m’apercevant de la bévue). Ce genre de truc m’arrive très souvent. J’aime me dire que c’est de l’écriture automatique quand bien même je sais que cela n’en est pas, ainsi je me sens un peu surréaliste. J’ai comme l’impression de faire partie de la bande, vous voyez. Breton, Aragon, tout ça. En fait, je crois plutôt que je me laisse dépasser par mes références. C’est pour ça que mon roman ma nouvelle mes quelques lignes n’avancent pas très vite. J’aimerais caser dedans tous les trucs que j’aime bien et croyez-moi, ça fait beaucoup de monde, j’ai la misanthropie très sélective. Et justement, j’ai pensé à ça quand j’ai écrit « franchement laide ». Je me suis demandé si Aragon avait le monopole des filles franchement laides ou si on pouvait lui en piquer une, de temps en temps. Je suis attentionnée, je ne voudrais surtout pas que mon futur éditeur se ruine en droit de citation. Et puis, dans le cas où je publierais à compte d’auteur… Ne riez pas, pensez à Marcel.

Pour me rassurer après toutes ces interrogations, je me suis offert l’autre moitié de la tablette de chocolat. J’avais une carence en magnésium.

Jeudi, c’est là que tout a basculé et que j’ai failli me présenter de mon plein gré à l’accueil de l’hôpital psychiatrique le plus proche. Je sors de la réunion en volant une bouteille d’eau (il y avait plus de bouteilles d’eau que de participants, sachant que les absents ont toujours tort, je me suis permise), je m’installe sur le siège et je tends le bras gauche en arrière pour attraper la ceinture de sécurité. Et je tends le bras gauche en arrière pour attraper la ceinture de sécurité. Et je tends le bras… Vous avez le compris le principe ? Moi, pas. Il m’a fallu un certain temps (bien trop long, si vous voulez mon avis) pour m’apercevoir que je ne trouvais pas cette p*tain de ceinture de sécurité parce que j’étais dans le métro (et même pas à Bastille).

N’ayant plus de chocolat pour m’aider à faire face à cette situation préoccupante, je me suis vengée sur (un film de) Christophe Honoré. J’avais une carence.

La semaine prochaine, en direct live de l’hôpital Sainte Anne donc, nous parlerons du ridicule de la cigarette électronique. J’attaque les grands sujets de société pour élargir mon lectorat (je suis vendue, mais bon, je vous avais déjà dit que je n’étais Kevin Costner). 

Michel Drucker, Nicole Croisille et moi


Chers lecteurs, 

cette semaine non plus, je n’ai rien à dire. 

Lorsque j’ai pris cette bonne résolution d’écrire un article tous les dimanches dans le but très présomptueux égayer l’ultime jour de votre semaine (si vous saviez comme je hais les dimanches), j’ai naïvement cru que l’inspiration viendrait avec. Force est de constater (c’est mon expression préférée) que ce n’est pas le cas. Je crois que je vais écrire à Michel Drucker, il tient le coup, lui.  

Connaissez-vous cette citation du Maréchal de Lattre de Tassigny : "Un optimiste, c'est homme qui plante deux glands et qui s'achète un hamac" ? Ben, voilà, c'était moi en septembre. Pourtant, croyez-moi l'optimisme c'est pas vraiment mon fonds de commerce, habituellement.

Je pourrais être bien méchante et dire qu’on a échappé à la catastrophe, Lydie Salvayre a eu le Goncourt. J’ai failli fanfaronner sur Twitter (que faire d’autre sur Twitter ?) et dire que si David Foenkinos l’avait je me scalpais. Mais une fois n’est pas coutume, j’ai réfléchi avant d’agir. J’ai pensé que je ne m’étais toujours pas remise de mon dernier passage chez le coiffeur, il y a trois semaines (je peux être une fille très futile quand il s’agit de (mes) cheveux) et que du coup, le scalp c’était peut-être pas l’idée du siècle. 

Blague à part, si vous n’avez pas le temps de lire, vous pouvez toujours aller au cinéma voir Une nouvelle amie de François Ozon, rien que pour les taches de rousseur d’Anaïs Demoustier et les fesses de Raphaël Personnaz. Je ne parle pas de Romain Duris car je n’ai rien à dire qui n’ait déjà dit. Après Xavier Dolan qui me fait pleurer sur du Céline Dion, à cause de François Ozon me voilà en larmes sur une chanson de Nicole Croisille. Je sens bien que je file un mauvais coton, mais je ne vois pas à quel endrot ça a commencé à déraper. 

Comme mardi, nous serons dimanche je reviendrai vers vous avec une copie plus présentable, promis. 

Boris Vian, les poissons et moi


Chers lecteurs,

L’autre jour, me suis éveillée au milieu de la nuit avec tout un tas d’idées. Vous savez, le genre d’idées qui sont absolument fantastiques à trois du matin, mais qui perdent toute leur superbe à huit heures trente-neuf…

Cette fois, je ne suis pas démontée j’ai ouvert un nouveau carnet et j’ai tout noté dedans. 

Donc voilà, j’ai commencé à écrire un roman une nouvelle quelques lignes.
Ça parle d’une chaise, d’un verre d’eau et de Boris Vian. Je ne sais pas encore s’il vont interagir. Peut-être que la chaise se noiera dans le verre d’eau après avoir lu L’Écume des jours. Ou peut-être que Boris Vian boira une chaise assis dans un verre d’eau, je suis certaine qu’il en aurait été capable. 

Bien évidement, je vous tiendrai au courant de l’avancée de mon œuvre. Pas trop tout de même, pour ne dévoiler le suspense. 

Sinon, la semaine prochaine aura lieu le tirage à la courte paille du Goncourt et du Renaudot. Vous savez sans doute que David Foenkinos est sur le point de remporter le premier et Amélie Nothomb le second. Ce qui reste de Louis-Ferdinand doit se retourner dans sa tombe. 

Sachez également, que, même si je ne l’ai pas lu (mais Fleur Pellerin non plus, rassurez-vous) La Musique des illusions de Jean-Marc Moura doit être très bien. Et je ne dis pas ça parce que M. Moura était mon prof de littérature francophone préféré, j’ai toujours été plus poisson-banane que poisson-scorpion (la faute à mon père, encore)(et à Frédéric Beigbeder, mais j’assume moyennement).

Comme souvent je n’ai pas de chute et je ne sais pas de quoi nous parlerons la semaine prochaine. Mais vous pouvez revenir, vous serez bien accueillis si vous apportez des madeleines. 

Richard Gotainer, mon père et moi


Chers lecteurs, 

aujourd’hui, nous allons parler de sang. Des liens du sang. 
Cette semaine, mon papa a eu soixante-et-un ans, tous ses points retraite et une chaîne Hi-fi. 

L’autre jour, j’écoutais cette magnifique chanson que Benjamin Biolay a écrite pour sa fille, qui parle non pas d’amour et d’hirondelles* mais de ciel trop grand, de marée basse et de soleil sur la terrasse, et je dois bien avouer que je me sentais un peu flouée (ça fonctionne aussi avec Sarbacane de Francis Cabrel, pour celles qui préfèrent les moustachus). 

Je dirai comment, je dirai pourquoi, comme disait François Bégaudeau (dans un très chouette livre, Un démocrate Mick Jagger qui vient de reparaître chez Folio (mais la couverture de chez Naïve est bien plus jolie). Allez donc le voler sur Amazon ou bien l’acheter dans votre librairie préférée)(Admire, lecteur, comme je fais bien la publicité déguisée).

Donc, mon sentiment de tromperie ne vient pas du fait que j’aimerais être la fille d’une vedette de la chanson (d’autant plus que dans le cas qui nous occupe, je crois que je n’aurais pas survécu, terrassée par mon complexe d’Oedipe)(d’autant plus que mon papa ne sait pas chanter, j’ai hérité de ça aussi). Non. Mon regret c’est qu’en termes d’héritage, la seule chose que mon père m’ait dite, très certainement alors que je lui exposais une énième idée de collection idiote, c’est, je cite, « si tu te découvres une manie bizarre, ne cherche pas d’où ça vient, c’est dans tes gènes ». D’un côté, c’est bien arrangeant pour moi, je peux brandir le c’est pas ma faute qui est mon excuse préférée après j’sais pas, j’étais pas née et j’peux pas, j’ai piscine qui est bien la meilleure expression qu’on ait inventé depuis longtemps, je me suis couché de bonne heure

Encore, une fois on s’égare (enfin moi, parce que vous, je ne sais pas si vous me suivez). Mon père est un homme qui utilise des affiches de la Société Nationale des Chemins de fer Français pour en faire des posters (j’ai des preuves). Mon père est un homme qui, quand il était jeune, prétendait être James Monroe, frère de (ce qui, à la réflexion, est plutôt cool puisque cela fait de moi la nièce de)(j’ai des témoins). Comprenez-vous d’où viennent mes problèmes ?

Néanmoins, pour tout ce qui concerne l’éducation culturelle je n’ai rien à redire. C’est mon papa qui m’a offert Cent ans de solitude, c’est mon papa qui m’a emmené voir mon premier Wes Anderson et mon premier Michel Gondry (à Quimperlé qui plus est, je revois encore la salle du cinéma et les tagliatelles aux coquilles Saint-Jacques, que j’ai mangées avant la séance. Y a pas à dire, il y a vraiment des trucs qui marquent pour la vie). 

En revanche, côté musique j’ai des réclamations à faire. Je ne dirais rien sur Bobby Lapointe parce qu’il m’a amené à Truffaut. Mais, Richard Gotainer, merde quoi. Quel adulte responsable fait écouter Richard Gotainer à un enfant ? Après, on se demande pourquoi ma chanson préférée des Beatles, c’est Octopus’s garden… Je crois que pour me venger, je vais lui offrir le dernier album de Dany Brillant pour mettre dans sa toute nouvelle chaîne hi-fi. 

Il fut un temps où chaque fois que je commençais une question par « tu savais que… », la réponse était « oui ». C’est frustrant, vous savez. Mais l’autre jour, le monde (mon monde) a basculé. Savais-tu que tu étais né le même jour que Rimbaud, j’ai demandé à mon paternel, la classe à Dallas, j’ai ajouté. Non, il a répondu. Mais tellement fier, il m’a dit qu’il allait se mettre à la poésie sur ses vieux jours. Je n’ai pas osé lui que dire Rimbaud avait commencé plutôt jeune. Du coup, je lui ai conseillé le trafic d’armes. Sur le moment ça m’a semblé moins dangereux et plus lucratif que l’art poétique… 


* Je ne félicite pas ceux qui comprendront la référence.

Jean-Pierre Jeunet, les vaches et moi


Chers lecteurs, 

cette semaine, je n’ai rien à dire. 

Que voulez-vous, on ne peut pas influencer le prix Nobel tous les jours. 

J’ai tout un tas d’histoires à vous raconter mais je n’ai pas eu le temps de les écrire. 
Pour être franche, le temps je l’aurais eu si je n’avais pas regardé (encore une fois) Amélie Poulain en ingurgitant des kilos de riz-au-lait. 

Je reviendrai donc vers vous la semaine prochaine, avec des aventures passionnantes. 
D’ici là, take care, comme ils disent Outre-Atlantique.