Il y a peu, j'ai appris que Victor Hugo avait écrit Notre Dame de Paris à vingt-neuf ans. Comme vous le savez je ne suis pas très forte en mathématiques donc je n'avais jamais fait le calcul. Qui était pourtant relativement simple, je l'avoue : trente-et-un moins deux.
Tous ces chiffres pour vous dire, que ça m'a fait un choc. J'ai, il n'y a pas si longtemps, atteint l'âge canonique de vingt-six ans. À ce moment de sa vie, Victor Hugo, Saint Père des Incroyants, avait déjà écrit Cromwell, Bug-Jargal, Han d'Islande et Le Dernier Jour d'un condamné (entre autres).
Je ne vous cache pas qu'à la suite de cette découverte, j'ai fait une mini-dépression nerveuse à base de "Doux Jésus, qu'ai-je fait de ma vie ?" Réponse sans appel : RIEN. Excepté, manger des madeleines et connaître par coeur toutes les chansons d'Alex Beaupain, mais ça ne compte pas vraiment, ce n'est pas un projet de vie suffisamment lucratif. Ce n'est pas que je sois particulièrement vénale, mais il faut bien payer les madeleines, comprenez-vous ?
Avec l'optimisme qui ne me caractérise pas, j'ai donc décidé de remédier à cette tare. J'ai mis en route (= écrit trois mots dans un carnet) pas moins de quatre projets. Il est fort probable qu'aucune de ces formidables idées qui seraient susceptibles de révolutionner la littérature, le cinéma et l'industrie culturelle (rien que ça, oui. Mon ambition est inversement proportionnelle à mon optimisme) ne verra jamais le jour. Néanmoins, je me suis couchée hier soir avec le sentiment du devoir accompli. Et il s'est accaparé toute la couverture, ce con.