Hier, j’ai reçu un étrange coup
de téléphone de la bibliothèque. Votre
Keith Richards est arrivé ! m’a glissé dans l’oreille mon
interlocutrice enchantée. Je suis restée un peu comme deux ronds de flan mais
néanmoins polie Merci, je passerai le
chercher dans la semaine, j’ai répondu ne souhaitant pas trop m’engager
tout de même.
Je ne me suis pas inquiétée outre
mesure de cette personne célèbre m’attendant de pied ferme à la bibliothèque
parce que j’étais sous acide. Façon de parler, hein. Droguée à la bonne humeur,
j’étais. C’est assez rare pour être souligné. Vendredi avait vraiment été une
bonne journée pour moi, un truc de malade, à filer la banane à Michel
Houellebecq (big up, Michel) (on en reparlera, de ma journée pas de … Enfin, on
peut reparler de Michel Houellebecq aussi, si vous le souhaitez). Donc hier, j’étais
encore sous le coup de l’émotion. Et puis, je sortais de l’éprouvante (et
pourtant l’Autorité Supérieure sait que j’ai l’âme russe. Je connais par cœur
les horaires de tous les Paris-Moscou) lecture du grand roman de Mikhaïl
Boulgakov, Le Maître et Marguerite. {ici,
je vous conseille une petite recherche sur l’ami Wikipedia pour comprendre tous
les subtilités de ce passionnant article, si vous n’avez pas lu l’ouvrage en
question} {le message subliminal étant bien sûr : LISEZ-LE (le roman hein,
pas l’article de l’ami Wikipedia)} Donc, j’étais parée à toute éventualité.
Je me suis donc posé les
questions que l’on est amené à se poser dans ce genre de situation. Mais
c’était tout nouveau pour moi donc je ne savais pas trop quelles étaient les
questions appropriées. Du coup, je suis un peu partie dans tous les sens :
pourquoi Keith Richards m’attend à la bibliothèque municipale ? Est-ce le
vrai (quitte à être attendu par Keith Richards à la bibliothèque municipale, je
préfèrerais que ce ne soit pas un homonyme) ? Pourquoi m’attend-il, moi,
qui ai toujours clamé ma préférence pour les Beatles ? Me chantera-t-il
une chanson ? Voudra-t-il une visite touristique de la ville ?
Faudra-t-il que je le loge chez moi (et dans ce cas, aime-t-il les
choux-fleurs ?) ou a-t-il réservé une chambre au Campanile voisin ?
J’en étais là de mes réflexions
quand je me suis souvenue que j’avais réservé Life, à la bibliothèque municipale. Le délai de disponibilité était
long et je m’étais dit que ça ferait une bonne lecture de début de vacances. Du
coup, entre temps je l’avais oublié. J’étais soulagée, toutes ces questions
m’avaient beaucoup angoissée, mais tout de même un peu déçue. C’est pas tous
les jours qu’on est attendu par une rock star, à la bibliothèque, ou ailleurs,
flûte (oui, je sais Keith c’est la guitare …) !
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