Brève escale au pays des Bisounours

La semaine dernière, je découvrais un truc formidable : la bonne humeur béate. Ca ressemble fortement à la "positive attitude" prônée par la grande penseuse des années 2000, Lorie. Non, ne cherchez pas, rien à voir avec Auguste Comte. 
Au début, c'était bien. Je vivais sur un petit nuage rose. Je n'étais qu'amour, joie et bonheur et je parlais trop fort au cinéma. J'ai souri au monde et ce dernier m'a rendu mon rictus au centuple. Une personne à qui j'avais commandé un livre d'occasion m'a envoyé le-dit bouquin avec ses voeux ET UN CHOCOLAT. Le bonheur fait grossir, c'est bien connu. J'ai également gagné vingt-cinq euros en bon d'achat à une tombola. J'ai même avoué au monde mon amour pour Gaspard Proust. Ce qui m'a valu bien des moqueries de la part de mes contemporains (qui préfèrent Ryan Gosling, ces ignares) mais, étant un génie incompris je suis accoutumée à ce genre de quolibets.
Néanmoins, les choses se sont rapidement gâtées. Lorsqu'on est dans cet état de "positive attitude", c'est un peu comme si l'on était sous acide (je ne sais pas, je fais un effort d'imagination, faites de même). Autrement dit, la bonne humeur nuit gravement aux neurones. D'ailleurs, tous les grands penseurs n'étaient pas des joyeux drilles qui faisaient des choses douteuses dans des cavernes. Pensez à Kant ... Personnellement, je m'en suis aperçue quand j'ai demandé pour la quarante-septième fois en deux jours à ma copine formidable à quelle heure on avait rendez-vous le soir suivant. Impossible de trancher entre vingt heures et vingt heures trente. Ce qui, soit dit en passant, n'était pas si important sachant que je me suis pointée comme une fleur à vingt-et-une heures vingt-huit. (Mesdames et messieurs, prochain départ pour Paris dans six cent cinquante-deux minutes. Vous la connaissez aussi, hein)
Autant vous dire que je n'en menais pas large. La "positive attitude" me rendait hilare mais stupide. Lorie, vraiment ? J'aurais du me méfier. Je n'ai pas eu à m'inquiéter bien longtemps car, comme dit le célèbre adage (pléonasme, je sais) "chassez le naturel, il revient au galop". Je ne savais pas que le naturel était un cheval mais enfin, ça explique beaucoup de choses. 
Lundi matin, je me suis levée du pied gauche (comment faire autrement un lundi matin ?) et j'en étais ravie !

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