Mon avis vous intéresse #2

Je viens de terminer J'étais derrière toi de Nicolas Fargues. Je savais bien que ça ne me plairait pas, je ne sais même pas pourquoi je l'ai lu (depuis que je m'intéresse à la critique, je dézingue tout le monde). Pendant toute ma lecture, je n'ai pas cessé de penser à une plaisanterie graveleuse relative au titre, que j'avais entendue quelque part il y a longtemps. Néanmoins, cette petite tranche de rigolade ne m'a pas mise dans de bonnes dispositions. 
J'étais derrière toi de Nicolas Fargues ou le problème du style oral ou encore lire Fargues pour comprendre le génie de Céline.

Cher Nicolas, 
puisque vous écrivez comme vous parlez, pourquoi ne pas vous être contenté de nous enregistrer un message vocal ? MP3, wma, asf, ... Je suis bonne princesse (féminin de bon prince), j'vous laisse le choix du format. 

Nicolas est gentil. Ou alors il se fout de notre gueule j'ai pas encore tranché. Il voit bien que ce qu'il est en train de faire ça s'éloigne dangereusement de la littérature (à un moment j'ai même oublié que je lisais un livre, j'ai cru que j'épluchais un concombre. Mais, j'suis une fille distraite) donc il réfléchit très fort et il se demande c'est quoi la littérature ? (non, Jean-Paul ne te retourne pas dans ta tombe, Nicolas est derrière toi. Pardon, c'est pas très glorieux, je le reconnais). La littérature c'est des figures de style, bien sûr !
C'est là que les choses se gâtent. Parce que l'auteur te prendre une buse faut bien l'avouer, alors il te les mets en évidence, les figures de style. Attention lecteur, un jeu de mots ! Oh, un métaphore qu'elle est belle parce qu'elle est filée en plus ! Regarde-moi ce joli petit paradoxe, on en mangerait. Pire que ça, il s'en excuse ! J'ai relevé : "excuse moi ce paradoxe" (page 118 de l'édition Folio) et "excuse moi cette catastrophique métaphore filée" (page 91). Tout à fait perplexe, ce procédé m'a laissée (moi, mon truc c'est les alexandrins bancals, chacun sa croix). S'excuse-t-il d'essayer de faire de la littérature ou parce qu'il sait que c'est mauvais ? J'vous laisse trancher.

Ne vous méprenez pas, je n'ai rien contre le style oral. Je le trouve même très intéressant. Mais comme son nom ne l'indique pas, il ne suffit pas de s'écouter parler et d'écrire mot à mot tout ce qui sort. L'oralité, ça se travaille. Sinon, c'est illisible (moi aussi je sais faire de beaux paradoxes). Les phrases de douze kilomètres avec des virgules partout et des non ? à tout bout de champ, c'est fatiguant à lire. Moralité, allez plutôt lire Voyage au bout de la nuit.

Pardon, j'ai pas parlé de l'histoire. 
Adultère. Séparation difficile. Nouvel amour. 

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